Le lundi 4 novembre 2025, la Salle Pleyel à Paris s'est transformée en capsule temporelle des années 2000. Les fans, venus de toute l'Europe, arboraient des tenues pailletées, des étoiles scintillantes et des accessoires rappelant l'ère Y2K. Au centre de cette effervescence : Zara Larsson, qui présentait son cinquième album Midnight Sun. L'artiste suédoise de 27 ans a prouvé une fois de plus qu'elle maîtrise l'art du spectacle total, alliant chorégraphies millimétrées, puissance vocale et une esthétique kitsch assumée.
Une ambiance rétro assumée
Dès l'entrée dans la salle, le décor était planté. Les stands de merchandising proposaient des peluches kiki, des papillons fantaisistes et des motifs dignes de WordArt. Le public, composé de jeunes adultes et d'adolescents, arborait des coiffures inspirées des stars du début du millénaire – couettes, mèches colorées, accessoires en strass – et des tenues aux couleurs vives. L'atmosphère était déjà surchauffée avant même que les lumières ne s'éteignent. La première partie, assurée par Omar Rudberg, a mis le public en condition avec une pop entraînante. Puis, à 20h50 précises, les projecteurs se sont éteints.
Un karaoké géant sur Fireflies d'Owl City a servi d'ouverture symbolique, avec des étoiles projetées sur les écrans géants. Le public, conquis, a repris en chœur les paroles nostalgiques. Puis la mélodie douce de Midnight Sun a commencé à résonner. Quatre musiciennes, deux choristes et quatre danseuses – une équipe 100 % féminine, un détail souligné par l'artiste – ont pris place sur scène. Zara Larsson, vêtue d'un jupon court et d'un crop-top asymétrique, s'est positionnée sous une immense boule lumineuse qui, selon les tableaux, représentait la lune ou le soleil. Sa voix de sirène a retenti : « Summer isn't over yet ».
Zara Larsson : une carrière météorique
Pour comprendre l'ampleur de ce concert, il faut revenir sur le parcours de Zara Larsson. Révélée à l'âge de 10 ans dans l'émission Talang (version suédoise de Britain's Got Talent), elle a rapidement conquis la scène internationale avec des tubes comme Lush Life (2015), Never Forget You (avec MNEK) et Symphony (avec Clean Bandit). Ce dernier morceau a connu une seconde vie en 2024 grâce à une tendance virale sur TikTok impliquant des dauphins, preuve de la capacité de Zara à rester pertinente dans l'industrie musicale. Son album Midnight Sun, sorti en 2025, marque un retour assumé aux sonorités eurodance et à la pop girly des années 2000, avec une production soignée et des paroles empreintes de nostalgie.
Le concert parisien était l'unique date française de sa tournée, et les fans ont répondu présents. Des mots en espagnol, anglais et suédois fusaient dans les couloirs, témoignant de la diversité de son public. L'artiste elle-même a interagi en plusieurs langues, renforçant ce sentiment de communauté.
Un show en quatre actes
Le concert était divisé en quatre actes, chacun correspondant à une ambiance particulière. Le premier acte, énergique, a enchaîné Midnight Sun, Blue Moon, Can't Tame Her, I Would Like / Sundown, Love Me Land et All the Time. Dès le premier refrain, Zara Larsson a été portée dans les airs par des danseurs, chantant en apesanteur. Les chorégraphies étaient parfaitement synchronisées, et l'artiste n'a pas ménagé ses efforts : twerks, grands écarts, hair flips – le public exultait à chaque acrobatie.
Le deuxième acte a poursuivi sur cette lancée avec des morceaux plus sensuels comme Pretty Ugly, Ain't My Fault, Hot & Sexy, Girl's Girl et Wow. L'ambiance est devenue plus interactive lorsque Zara a invité un fan sur scène pour Puss Puss. Assis sur un transat, le jeune homme a eu droit à une danse torride, filmée en caméra subjective. « Hmm tu es vraiment mignon, je vais peut-être repartir avec toi ! » a lancé la popstar, vêtue d'un maillot de bain moulant. La salle a hurlé.
Le troisième acte a offert un moment de répit avec des ballades intimistes comme Saturn's Return et Uncover. Zara Larsson a alors pris le temps de remercier le public français, qui a été parmi les premiers à l'adopter grâce à ce titre. « Je fais le meilleur job au monde », a-t-elle confié. Ce segment a aussi inclus Ruin My Life, The Ambition et Ammunition, démontrant sa polyvalence vocale.
Le quatrième et dernier acte était un véritable tunnel d'hymnes fédérateurs. De Eurosummer à Crush, en passant par This One's for You (son duo avec David Guetta pour l'Euro 2016), la Salle Pleyel est devenue un brasier ardent. Lush Life et Never Forget You ont fait danser toute la salle, avant que Symphony ne conclue ce set de 1h40. Les confettis, les lasers et les chants du public ont créé un moment d'euphorie collective.
Une esthétique Y2K qui séduit
Au-delà de la performance, c'est l'esthétique du concert qui a marqué les esprits. Les décors, avec leurs fonds d'écran Windows animés (cascades, forêts luxuriantes, couchers de soleil), évoquaient l'ère du PC de bureau des années 2000. Les costumes, pailletés et nostalgiques, renforçaient ce sentiment de retour à une époque plus insouciante. Zara Larsson elle-même a expliqué dans des interviews que son album visait à retrouver une forme de joie simple, loin des complexités de l'âge adulte. Cette approche a trouvé un écho particulier chez les milléniaux et la génération Z, qui redécouvrent le kitsch comme un refuge.
Le concert parisien a également mis en lumière l'évolution de Zara Larsson en tant que performeuse. Capable de danser sans jamais perdre le souffle, elle a montré une maîtrise rare de son corps et de sa voix. Les séances de cardio, a-t-elle confié en coulisses, ont été intenses, mais le résultat était bluffant.
Enfin, la setlist, soigneusement construite, a offert un équilibre parfait entre anciens tubes et nouvelles chansons. Les fans ont chanté chaque mot, transformant la salle en un immense karaoké. La prochaine fois, espèrent les spectateurs, Zara Larsson remplira un Zénith. Après une telle performance, le pari semble largement gagné.
Source: chartsinfrance.net News