Ce vendredi 15 mai 2026, la diplomatie américaine a annoncé que le Liban et Israël ont accepté de prolonger leur cessez-le-feu de 45 jours. Cette décision intervient à l'issue d'une deuxième journée de pourparlers à Washington, menés par le Département d'État américain. Le porte-parole Tommy Pigott a précisé que la cessation des hostilités du 16 avril sera prolongée afin de permettre de nouveaux progrès sur les voies politique et sécuritaire.
Un contexte de violences persistantes
Malgré l'accord de trêve entré en vigueur le 17 avril, l'armée israélienne a continué de mener des frappes contre des cibles du Hezbollah au Liban. Selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, ces frappes ont fait au moins 400 morts. Le ministère libanais de la Santé a publié un nouveau bilan faisant état de 2951 morts et 8988 blessés depuis le début de l'offensive israélienne le 2 mars dernier. Vendredi, des frappes israéliennes ont visé la région de Tyr et de Bent Jbeil, et trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, ont été tués à Harouf.
Israël a également émis des ordres d'évacuation pour plusieurs villages du sud du Liban, notamment Aïn Baal, Khraïbeh, Zrarieh, Arabsalim et Arab al-Jal. L'armée israélienne justifie ces actions par des violations du cessez-le-feu de la part du Hezbollah, qui aurait lancé des roquettes vers Kiryat Shmona dans la nuit de jeudi à vendredi. En riposte, l'armée de l'air israélienne a détruit une plateforme de lancement de missiles dans la région de Zabdine.
Les négociations à Washington : une lueur d'espoir
Les discussions israélo-libanaises se déroulent dans un contexte de méfiance réciproque. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a fustigé le Hezbollah pour avoir entraîné le Liban dans une guerre « irresponsable », tout en appelant au soutien des pays arabes et de la communauté internationale. Il a déclaré que l'extension de la trêve offre un répit essentiel et ouvre la voie à une stabilité durable, mais a insisté sur la nécessité d'un processus par étapes et vérifiable, soutenu par Washington.
Le coordinateur humanitaire de l'ONU au Liban, Imran Riza, a estimé que ces négociations constituaient une « occasion unique » de mettre fin à la violence. De son côté, le Hezbollah a revendiqué une attaque de drones contre une caserne israélienne à Nahariya, en pleine reprise des pourparlers.
Les dimensions régionales et internationales
Ce conflit s'inscrit dans un embrasement régional plus large, impliquant l'Iran, les États-Unis et d'autres acteurs. Le président américain Donald Trump a déclaré qu'il ne ferait pas preuve de beaucoup plus de patience envers l'Iran, et a réaffirmé que Téhéran ne doit pas posséder l'arme nucléaire. Il a également indiqué que le président chinois Xi Jinping s'était engagé à ne pas fournir d'équipement militaire à l'Iran et à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz, actuellement bloqué par les Gardiens de la Révolution iraniens.
L'Iran, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a réaffirmé ne pas chercher la bombe atomique et a déclaré que le détroit d'Ormuz était ouvert à tous les navires sauf ceux en guerre contre l'Iran. Téhéran a également accusé les Émirats arabes unis de jouer un rôle actif aux côtés des États-Unis et d'Israël, accusations fermement rejetées par Abou Dhabi.
Par ailleurs, le porte-avions français Charles de Gaulle a passé le canal de Suez et se trouve en mer d'Arabie, prêt à intervenir dans la zone du détroit d'Ormuz. La France renforce ainsi sa présence militaire dans la région.
Conséquences économiques
Le blocage du détroit d'Ormuz et la hausse des prix du pétrole ont provoqué des turbulences sur les marchés financiers. Les Bourses européennes ont clôturé en forte baisse vendredi, Paris cédant 1,60%, Francfort 2,07% et Londres 1,71%. Les craintes inflationnistes liées au coût de l'énergie ont pesé sur les indices. Wall Street a également ouvert en baisse, le Nasdaq chutant de 1,40%.
Les Émirats arabes unis ont annoncé l'accélération de la construction d'un nouvel oléoduc pour contourner le détroit d'Ormuz, dont la capacité devrait être opérationnelle d'ici 2027. Cette décision vise à réduire la dépendance du Golfe à ce passage stratégique.
Négociations nucléaires et perspectives
La question du programme nucléaire iranien reste au cœur des tensions. Trump s'est dit favorable à une suspension de vingt ans du programme, tandis que Téhéran rejette toute ingérence. Le ministre iranien des Affaires étrangères a qualifié le Conseil de sécurité de l'ONU d'inefficace, lors du sommet des Brics à New Delhi.
Sur le terrain, les violences se poursuivent. Un adolescent palestinien a été tué en Cisjordanie par des tirs israéliens, et les forces israéliennes contrôlent désormais 60% de la bande de Gaza, selon le Premier ministre Benyamin Netanyahou. À Cannes, le réalisateur iranien Asghar Farhadi a dénoncé les bombardements sur l'Iran et la répression des manifestations en Iran.
Les prochains rounds de négociations sont prévus les 2 et 3 juin pour la voie politique, tandis qu'une voie sécuritaire débutera le 29 mai au Pentagone.
Source: leparisien.fr News