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Fan de Jungkook des BTS, elle avait sonné 130 fois chez lui : une Brésilienne bientôt expulsée de Corée du Sud

Jul 14, 2026  Twila Rosenbaum  77 views
Fan de Jungkook des BTS, elle avait sonné 130 fois chez lui : une Brésilienne bientôt expulsée de Corée du Sud

Une jeune Brésilienne de 28 ans a été condamnée ce mois-ci par le tribunal de Séoul pour avoir harcelé Jungkook, l'un des membres les plus populaires du groupe BTS. La peine, un an de prison avec sursis, s'accompagne d'une probable expulsion de Corée du Sud, à moins que la décision ne soit renversée en appel. L'affaire, rapportée par la BBC ce mardi 23 juin, illustre les excès de certains fans de K-pop, surnommés « sasaeng ».

Les faits remontent au 7 décembre de l'année précédente. La prévenue, dont l'identité n'a pas été divulguée, s'est rendue pour la première fois au domicile de Jungkook, situé dans le quartier huppé de Yongsan à Séoul. Après avoir longuement observé la propriété, elle a jeté des objets par-dessus la clôture et glissé des lettres sous la porte. C'était le début d'une série de visites obsessionnelles qui allaient durer plusieurs jours.

Un harcèlement méthodique

Dans les jours qui ont suivi, la femme est retournée à plusieurs reprises à la même adresse. L'un de ses passages les plus marquants s'est produit lorsqu'elle a sonné à la porte 133 fois en une seule occasion. Le tribunal a qualifié cet acte de « niveau d'obsession extrême », soulignant la détermination de la jeune femme à attirer l'attention de la star. Elle a également laissé des lettres et des photos personnelles, dans lesquelles elle se disait « en manque d'amour », espérant sans doute susciter une réaction de la part de l'artiste.

La situation a pris une tournure plus grave le 13 décembre, lorsque la Brésilienne a tenté de s'introduire dans la propriété en profitant de la venue d'un livreur de repas. Elle a été arrêtée sur place par la police, mais relâchée le lendemain avec une mise en garde stricte : ne plus s'approcher du domicile de Jungkook. Malgré cette interdiction, elle est revenue à plusieurs reprises, totalisant 22 visites au moment de son arrestation définitive.

Face à ce manquement, les autorités ont émis un ordre d'éloignement formel, lui interdisant d'approcher à moins de 100 mètres de la propriété du chanteur. Mais la femme a ignoré cette décision, ce qui a conduit le parquet de Séoul à engager des poursuites pénales en février. Le tribunal a finalement prononcé une peine d'un an de prison avec sursis, assortie d'une mesure d'expulsion.

Le contexte : une polémique amoureuse

Ces agressions se sont déroulées dans un climat déjà tendu pour Jungkook. Quelques semaines auparavant, des rumeurs de relation amoureuse avec Winter, membre du groupe féminin Aespa, avaient enflammé les réseaux sociaux. Certains fans, interprétant des signes supposés (vêtements similaires, arrière-plans identiques dans des photos), y voyaient la preuve d'un couple secret. Cette controverse a exacerbé les réactions de certains admirateurs, dont la Brésilienne, qui aurait voulu exprimer son soutien ou, au contraire, sa désapprobation.

Dans l'univers de la K-pop, les idoles sont généralement présentées comme célibataires. Cette image permet aux fans de nouer une relation dite « unique » avec les membres de ces groupes, conçus pour répondre aux attentes du marché musical. Lorsque l'un d'eux est en couple, il rompt ce fantasme de disponibilité absolue, ce qui peut provoquer des réactions violentes, comme des menaces ou du harcèlement. Les agences de divertissement sud-coréennes ont souvent du mal à protéger leurs artistes de ces comportements.

Le phénomène sasaeng dans la K-pop

Les « sasaeng » sont des fans obsessionnels qui traquent les idoles, allant jusqu'à pénétrer dans leurs logements privés, voler leurs effets personnels ou même provoquer des accidents pour attirer leur attention. Ce fléau touche toutes les grandes stars du genre, mais BTS, en raison de sa popularité planétaire, en est particulièrement victime. Plusieurs membres ont déjà subi des intrusions similaires : en 2019, un homme avait été arrêté pour avoir suivi le groupe jusqu'à son hôtel à Los Angeles ; en 2021, une femme avait loué un appartement voisin de celui de Jimin pour l'espionner.

La Corée du Sud a renforcé sa législation contre le harcèlement en 2021, avec une loi spécifique sur le stalking, prévoyant des peines allant jusqu'à trois ans de prison ou 30 millions de wons d'amende. Malgré cela, les cas continuent de se multiplier, notamment en raison de la facilité d'accès aux informations personnelles via les réseaux sociaux et les sites de fans.

Dans cette affaire, l'identité brésilienne de la harceleuse ajoute une dimension internationale. Les fans coréens comme étrangers sont capables de voyager pour suivre leurs idoles, allant parfois jusqu'à s'installer temporairement dans le pays. Les autorités sud-coréennes ont promis d'être plus sévères à l'avenir, en particulier avec les ressortissants étrangers, afin de dissuader ce type de comportement.

Les conséquences juridiques

La peine prononcée par le tribunal de Séoul est sévère, mais elle laisse une porte ouverte à l'appel. Si la Brésilienne fait appel, elle pourra rester en Corée pendant la procédure, mais elle risque de voir sa peine alourdie. En parallèle, les services de l'immigration ont déjà entamé les démarches pour son expulsion, une mesure rare mais de plus en plus utilisée contre les étrangers coupables de délits graves.

L'avocat de la défense a plaidé la faiblesse mentale de sa cliente, affirmant qu'elle souffrait de troubles psychologiques non traités. Le tribunal a partiellement retenu cet argument, mais a estimé que la répétition des actes et leur caractère planifié justifiaient une sanction ferme. « Les stars ont droit à une vie privée comme tout un chacun », a déclaré le juge dans son verdict. « Les fans doivent comprendre que leur admiration ne peut pas justifier l'illégalité. »

Jungkook, quant à lui, n'a pas réagi publiquement à cette affaire, mais son agence, Big Hit Music, a publié un communiqué remerciant les autorités pour leur action rapide. Le groupe BTS est actuellement en pause collective, certains membres effectuant leur service militaire obligatoire. Jungkook, comme les autres, devrait être appelé sous les drapeaux dans les prochains mois.

Cette histoire est un rappel des dangers de l'obsession fan, qui peut dégénérer en comportements criminels. Pour les artistes, la célébrité a un prix, et la protection de leur intimité est devenue un enjeu majeur dans l'industrie musicale mondiale.


Source: leparisien.fr News


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