News Daily Nation Digital News & Media Platform

collapse
Home / Daily News Analysis / De Black Lives Matter à la Palestine : aux États-Unis, Cori Bush prépare son retour

De Black Lives Matter à la Palestine : aux États-Unis, Cori Bush prépare son retour

Jul 27, 2026  Twila Rosenbaum  45 views
De Black Lives Matter à la Palestine : aux États-Unis, Cori Bush prépare son retour

Un mot revient sans cesse pour décrire Cori Bush, ancienne élue à la Chambre des représentants, qui se présente de nouveau comme candidate en 2026. Que les gens l’apprécient ou non, ils la qualifient volontiers de « guerrière » (fighter en anglais). Et pour cause : après avoir perdu une primaire démocrate en 2024, elle n’a pas renoncé à la politique. Aujourd’hui, elle prépare sa revanche en vue de la primaire du 4 août à Saint-Louis, dans le Missouri.

Les racines de son engagement

Cori Bush est née et a grandi à Saint-Louis, dans une famille modeste. Très tôt, elle est confrontée aux inégalités raciales et économiques qui marquent la ville. Après le meurtre de Michael Brown à Ferguson en 2014, elle devient une figure du mouvement Black Lives Matter. Elle organise des manifestations, milite contre les violences policières et prend la parole lors de rassemblements nationaux. Cette expérience la pousse à se lancer en politique : en 2020, elle est élue à la Chambre des représentants, devenant la première femme noire à représenter le Missouri au Congrès.

À Washington, elle s’impose rapidement comme l’une des voix les plus progressistes. Elle rejoint le « Squad », un groupe informel de jeunes élues de gauche comprenant Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley. Ensemble, elles défendent Medicare for All, le Green New Deal, et une politique étrangère moins interventionniste.

Le combat pour la Palestine

L’un des dossiers qui a le plus marqué son mandat est la question palestinienne. Dès 2021, lors de l’escalade entre Israël et le Hamas, Cori Bush critique vivement l’aide militaire américaine à Israël. En 2023, après le début de la guerre à Gaza, elle devient l’une des principales voix du Congrès à demander un cessez-le-feu immédiat. Elle accuse le gouvernement israélien de commettre des crimes de guerre et appelle à conditionner l’aide américaine au respect des droits humains.

Cette position lui vaut des attaques virulentes de la part des organisations pro-israéliennes, mais aussi un soutien fort dans les communautés arabes et musulmanes de sa circonscription. « Je ne peux pas rester silencieuse quand des enfants meurent sous les bombes », déclare-t-elle régulièrement. Son engagement lui a coûté cher : en 2024, un comité d’action politique pro-israélien, l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), a dépensé des millions de dollars pour financer son adversaire lors de la primaire.

La défaite de 2024

En août 2024, Cori Bush perd la primaire démocrate face à un candidat centriste, soutenu par d’importants financements extérieurs. La campagne a été l’une des plus chères de l’histoire du Missouri, avec plus de 20 millions de dollars dépensés. Bush dénonce alors « l’achat de l’élection » par les lobbys pro-israéliens et les intérêts pharmaceutiques.

Sa défaite est un choc pour la gauche américaine. Mais au lieu de quitter la scène politique, elle annonce rapidement son intention de se représenter en 2026. « Je ne vais pas laisser les milliardaires et les groupes d’intérêt décider qui représente Saint-Louis », affirme-t-elle.

Un retour soutenu par les socialistes

Aujourd’hui, Cori Bush se présente à nouveau. Elle bénéficie du soutien des Democratic Socialists of America (DSA), qui voient en elle une figure de proue du combat pour la justice sociale. Elle a également reçu l’appui de plusieurs élus progressistes, dont Alexandria Ocasio-Cortez et Bernie Sanders. Sa campagne se concentre sur le logement abordable, la réforme de la police, l’accès aux soins et la fin du soutien américain à la guerre à Gaza.

Saint-Louis est une circonscription majoritairement démocrate, mais la primaire est serrée. Bush doit affronter plusieurs candidats, dont certains soutenus par l’establishment local. Les sondages la donnent en tête, mais la campagne s’annonce rude. Les mêmes groupes qui ont dépensé des millions contre elle en 2024 sont déjà actifs.

Un enjeu national

L’élection de Cori Bush dépasse le cadre local. Elle est perçue comme un test pour la gauche américaine. Si elle gagne, cela montrera que le progressisme reste vivace malgré les défaites récentes. Si elle perd, cela renforcera l’idée que le Parti démocrate se recentre vers le centre.

Pour ses partisans, Bush incarne la continuité du mouvement Black Lives Matter et la lutte contre l’influence des lobbys dans la politique américaine. Pour ses détracteurs, elle est trop radicale et ses positions sur Israël la rendent inéligible à une élection générale. Mais le 4 août, ce sont les électeurs de Saint-Louis qui trancheront.

Quoi qu’il arrive, Cori Bush a déjà marqué l’histoire. En étant l’une des premières élues à faire du soutien à la Palestine un axe central de son mandat, elle a ouvert une brèche dans le consensus pro-israélien du Congrès. Son retour, s’il réussit, pourrait redéfinir les contours de la gauche américaine pour les années à venir.


Source: Mediapart News


Share:

Your experience on this site will be improved by allowing cookies Cookie Policy