News Daily Nation Digital News & Media Platform

collapse
Home / Daily News Analysis / COP25 : manifestation monstre pour le climat à Madrid avec Greta Thunberg

COP25 : manifestation monstre pour le climat à Madrid avec Greta Thunberg

May 19, 2026  Twila Rosenbaum  11 views
COP25 : manifestation monstre pour le climat à Madrid avec Greta Thunberg

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi 6 décembre 2019 à Madrid avec la jeune Suédoise Greta Thunberg pour pousser les pays réunis pour la COP25 dans la capitale espagnole à agir contre la crise climatique. La marche, partie du centre-ville, a bloqué plusieurs artères principales sous un ciel gris, tandis que les manifestants scandaient des slogans comme « Il n'y a pas de planète B » ou « La Terre se meurt ». Greta Thunberg, âgée de 16 ans, était arrivée le matin même en train de nuit depuis Lisbonne, après avoir traversé l'Atlantique en catamaran pendant trois semaines. Elle venait de New York, où elle avait participé au sommet de l'ONU sur le climat en septembre, puis avait dû rebrousser chemin lorsque le Chili a renoncé à accueillir la COP25 en raison d'un mouvement social inédit.

« Les dirigeants actuels nous trahissent et nous ne laisserons plus cela se produire », a lancé l'adolescente à la foule rassemblée à la fin du cortège. « Nous disons 'c'est assez. Le changement est en marche, qu'ils le veuillent ou non car nous n'avons pas d'autre choix' », a-t-elle ajouté, debout sur une estrade improvisée place de la Puerta del Sol. Greta Thunberg est devenue l'égérie de la défense de la planète depuis qu'elle a lancé en août 2018 les « grèves de l'école pour le climat » devant le Parlement suédois. Son action a inspiré des millions de jeunes à travers le monde, déclenchant le mouvement Fridays for Future. À Madrid, elle a insisté sur l'urgence : « Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps car des gens souffrent ou meurent en raison de l'urgence climatique. »

Dans la manifestation, les pancartes affichaient des messages percutants : « Sans planète, pas de futur », « Politiques, la Terre se meurt », « Ce sommet est une farce » ou encore « Le capitalisme tue la planète ». Certains manifestants portaient un cercueil symbolique pour mettre en scène l'enterrement de l'environnement. Paula Sánchez, une Madrilène de 16 ans, a confié à l'AFP : « Le changement climatique nous touche tous, nous mais aussi les générations futures. Il faut en prendre conscience, le monde va vers sa fin. » Nadine Wulf, étudiante allemande de 25 ans, a espéré que la mobilisation convaincra les gens « que le changement climatique existe et qu'ils doivent changer leurs habitudes ».

L'acteur espagnol Javier Bardem, très engagé pour l'environnement, a pris la parole à l'issue de la marche. Il a déclaré : « Nous vivons l'un des moments les plus critiques de notre histoire et pour la première fois, nous parlons d'une seule voix. » Il a qualifié de « stupide » le président américain Donald Trump pour sa décision de quitter l'Accord de Paris sur le climat. La préfecture a estimé la foule à 15 000 personnes, tandis que Greta Thunberg a avancé le chiffre de 500 000 participants. La différence s'explique par la difficulté de compter les manifestants dans les rues sinueuses de Madrid. Quoi qu'il en soit, l'événement a été l'un des plus importants de la semaine.

Greta Thunberg elle-même a été contrainte d'abandonner le cortège au bout d'une heure. Entourée d'une nuée de sympathisants et de journalistes l'empêchant d'avancer, elle a dû monter dans une voiture pour rejoindre la fin de la manifestation. Cette exfiltration, filmée par de nombreux médias, a montré la pression exercée sur la jeune militante. Son arrivée à Madrid avait été précédée d'une attente fébrile : elle avait embarqué au Portugal après avoir traversé l'Atlantique en catamaran, un voyage symbolique pour éviter l'avion, grand émetteur de CO2. Ce choix de transport reflète son engagement à réduire son empreinte carbone, même si elle est critiquée pour l'utilisation de yachts.

La COP25, qui se tient à Madrid du 2 au 13 décembre 2019, rassemble les 200 signataires de l'Accord de Paris. Cet accord, adopté en 2015, vise à limiter le réchauffement planétaire à +2°C, voire +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Cependant, les objectifs actuels de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont jugés insuffisants. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), il faudrait réduire les émissions de 45 % d'ici 2030 pour espérer contenir le réchauffement à +1,5°C. Or, les engagements actuels des pays mènent à une hausse de 3°C à 4°C d'ici la fin du siècle. La COP25 est donc cruciale pour augmenter les ambitions, mais les négociations sont bloquées sur des points clés comme l'article 6 de l'Accord de Paris, qui régit les marchés du carbone.

Le dalaï-lama a apporté son soutien aux manifestants dans un tweet : « Nous ne pouvons plus exploiter les ressources de la Terre sans nous soucier des générations futures. Je soutiens les manifestations des jeunes contre l'inaction des gouvernements face à la crise climatique. » Cette déclaration a été largement partagée sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, de nombreuses organisations non gouvernementales étaient présentes, comme Greenpeace, 350.org et le WWF. Leur message : exiger des gouvernements qu'ils déclarent l'urgence climatique et adoptent des mesures concrètes, comme la fin des subventions aux énergies fossiles et la transition vers 100 % d'énergies renouvelables.

La manifestation de Madrid s'inscrit dans une série de mobilisations mondiales. En septembre 2019, 4 millions de personnes avaient défilé dans le monde lors de la Semaine du climat à New York. À Montréal, une marche historique avec Greta Thunberg avait rassemblé 500 000 participants. Ces marées humaines montrent que la société civile est prête à agir, mais les dirigeants politiques tardent à suivre. La COP25 risque de décevoir, comme le craignent de nombreux observateurs. Le slogan de la conférence, « Time for action », semble presque ironique face à la lenteur des négociations. Les pays en développement réclament des financements pour s'adapter au changement climatique, tandis que les pays riches hésitent à augmenter leurs contributions.

Malgré les difficultés, Greta Thunberg reste optimiste. Dans son discours, elle a insisté sur le pouvoir des citoyens : « Nous n'avons pas d'autre choix. Changeons le système. » Son influence dépasse les frontières : elle a été nominée pour le prix Nobel de la paix en 2019 et 2020, et elle continue de voyager pour alerter sur la crise climatique. À Madrid, elle a rencontré des jeunes militants venus du monde entier, partageant des stratégies pour faire pression sur les gouvernements. La manifestation de Madrid restera comme un moment fort de la COP25, un rappel que l'urgence climatique ne peut être ignorée.

En parallèle, des événements similaires ont eu lieu dans d'autres villes espagnoles, comme Barcelone, Valence et Séville. La coordination des mouvements a été assurée par les réseaux sociaux, notamment Twitter et Instagram, où les hashtags COP25 et ClimateStrike ont été massivement utilisés. Les participants ont également utilisé l'application WhatsApp pour s'organiser. Cette mobilisation numérique a permis une diffusion rapide de l'information et une large couverture médiatique. Les journalistes du monde entier ont suivi la marche, interviewant des participants et relayant les discours.

En fin de compte, la COP25 s'est achevée sans accord ambitieux, les discussions achoppant sur les mécanismes de marché. Cependant, la manifestation du 6 décembre a montré que la pression populaire est plus forte que jamais. Greta Thunberg a promis de continuer à se battre, affirmant que « la jeunesse ne lâchera pas prise ». Son message résonne particulièrement auprès des jeunes, mais aussi des adultes conscients de l'urgence. La planète se réchauffe, les glaciers fondent, les incendies se multiplient, et les inondations dévastent des régions entières. L'humanité est à un tournant, et Madrid a été le théâtre d'une démonstration de force citoyenne.

Le 7 décembre, au lendemain de la marche, les médias ont largement couvert l'événement. Les images de Greta Thunberg entourée de journalistes, puis exfiltrée en voiture, ont fait le tour du monde. L'acteur Javier Bardem a également été photographié devant la foule, son engagement étant salué par les militants. Le dalai-lama, bien que non présent, a ajouté sa voix à la cause. La marche de Madrid n'est qu'une étape dans la lutte pour le climat, mais elle symbolise l'espoir que le changement est possible si les citoyens s'unissent.

Le contexte plus large de cette manifestation inclut les rapports alarmants du GIEC et la multiplication des catastrophes naturelles. En 2019, l'Australie a connu des incendies sans précédent, l'Europe a subi des canicules records, et les ouragans ont frappé les Caraïbes. Ces événements renforcent le sentiment d'urgence. Les scientifiques appellent à des réductions drastiques des émissions d'ici 2030. La COP25 était censée être la conférence de la mise en œuvre, mais les désaccords persistent. La manifestation de Madrid a donc été un appel à l'action, un cri de colère contre l'inaction.

Pour conclure cette analyse, il est important de souligner l'impact durable de ces mobilisations. Greta Thunberg a catalysé un mouvement mondial qui continue de grandir. Les grèves pour le climat, bien que perturbées par la pandémie de COVID-19 en 2020, ont repris de plus belle en 2021 et 2022. La conscience écologique progresse, et les gouvernements sont de plus en plus contraints de réagir. La manifestation de Madrid restera dans les mémoires comme un moment de convergence entre générations, cultures et pays. Elle a montré que le combat pour le climat est universel et que personne ne peut rester indifférent.


Source: actu.fr News


Share:

Your experience on this site will be improved by allowing cookies Cookie Policy