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Après des années de bataille, Shakira obtient plus de 55 millions d’euros du fisc espagnol

May 20, 2026  Twila Rosenbaum  11 views
Après des années de bataille, Shakira obtient plus de 55 millions d’euros du fisc espagnol

La star colombienne Shakira vient de remporter une victoire retentissante face à l’administration fiscale espagnole. Après des années de procédures judiciaires, la justice a donné raison à la chanteuse et ordonné au fisc de lui rembourser plus de 55 millions d’euros. Cette somme englobe les impôts, amendes et intérêts liés à l’année 2011, que le Trésor public considérait comme impayés.

Un jugement qui annule les redressements de 2011

Le tribunal de l’Audience nationale, chargé des affaires sensibles, a rendu sa décision mi-avril 2026. Il ordonne « la restitution des sommes versées, assorties des intérêts légaux », ce qui annule les redressements et les amendes infligés par l’administration fiscale. La somme totale dépasse les 55 millions d’euros, comprenant l’impôt sur le revenu (plus de 24 millions), l’amende pour infraction « très grave » (près de 25 millions), l’impôt sur le patrimoine pour 2011 (2,6 millions) et l’amende correspondante (2,7 millions), auxquels s’ajoutent les intérêts légaux.

La question déterminante du lieu de résidence

Au cœur du litige, la question de la résidence fiscale de Shakira en 2011. Pour le fisc espagnol, la chanteuse aurait dû être considérée comme résidente fiscale en Espagne cette année-là, car elle y aurait séjourné plus de 183 jours. Ce seuil est crucial : au-delà, une personne est automatiquement considérée comme résidente fiscale et doit déclarer l’intégralité de ses revenus mondiaux.

Shakira a toujours contesté cette affirmation. Elle a expliqué que bien qu’elle ait entamé une relation avec le footballeur Gerard Piqué en 2011, sa carrière internationale la faisait voyager en permanence. Elle n’aurait donc pas passé suffisamment de temps en Espagne. Le tribunal lui a donné raison : « L’administration n’a pas démontré que la plaignante avait séjourné en Espagne […] pendant plus de 183 jours », peut-on lire dans la décision du 15 avril. Le jugement précise en outre que « peu importe que les Bahamas aient été ou non un paradis fiscal en 2011 ».

Une guerre fiscale de longue haleine

Ce n’est pas la première fois que Shakira se retrouve dans le collimateur du fisc espagnol. Plusieurs procédures avaient déjà été réglées en 2024. En 2023, elle avait accepté un accord de dernière minute avec le parquet pour éviter un procès qui promettait de déballer sa vie privée. Cet accord portait sur des années ultérieures. Mais le contentieux sur 2011 n’avait pas été soldé. La chanteuse avait également dû verser 6,6 millions d’euros en 2024 pour régulariser des « irrégularités » dans sa déclaration d’impôts de 2018.

La bataille a commencé lorsque le Trésor public espagnol a estimé que Shakira résidait véritablement en Espagne depuis 2011, date de sa mise en couple avec Gerard Piqué. La chanteuse, de son côté, a toujours déclaré qu’elle ne s’était installée de manière permanente à Barcelone qu’à la fin de l’année 2014. Elle n’a transféré sa résidence fiscale des Bahamas vers l’Espagne qu’en 2015, juste avant la naissance de son deuxième enfant.

Un feuilleton qui a inspiré une série télévisée

L’affaire a connu de nombreux rebondissements, au point d’inspirer une série intitulée « Celeste ». Celle-ci met en scène une inspectrice du fisc espagnol enquêtant sur la possible fraude fiscale d’une star internationale de musique latine. Ce parallèle montre à quel point ce dossier a marqué l’opinion publique.

La chanteuse, qui se produira en concert en Espagne pour la première fois depuis 2018 avec six dates prévues à Madrid en septembre 2026, voit donc son image renforcée. Cette décision de justice constitue un sacré revers pour le fisc espagnol, qui devra rembourser une somme considérable.

Contexte : les stars et le fisc espagnol

Shakira n’est pas la seule célébrité à avoir eu maille à partir avec le fisc espagnol. De nombreuses stars du football, comme Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, ont également été accusées de fraude fiscale. Messi a été condamné à 21 mois de prison avec sursis en 2016 pour avoir dissimulé des revenus publicitaires. Ronaldo a accepté un accord en 2018 pour payer près de 19 millions d’euros d’amende et de rappel d’impôts. Ces cas montrent que l’Espagne applique une pression fiscale très forte sur les résidents fortunés, en particulier les personnalités publiques.

Shakira, de son côté, a toujours nié avoir fraudé. Elle insiste sur le fait que sa vie trépidante d’artiste la rendait difficile à caser dans un seul pays. Sa carrière l’a menée aux quatre coins du monde, et elle s’est toujours conformée aux règles selon sa propre interprétation de sa résidence. Le jugement de l’Audience nationale vient confirmer sa version des faits.

Les implications du jugement

Cette décision pourrait avoir des répercussions importantes pour d’autres contribuables fortunés en Espagne. Elle rappelle que l’administration fiscale doit apporter des preuves solides pour démontrer qu’une personne réside fiscalement dans le pays. En l’occurrence, le simple fait d’avoir une relation avec un résident espagnol ne suffit pas. Le fisc devra désormais être plus rigoureux dans ses enquêtes, notamment lorsqu’il s’agit de personnalités qui voyagent beaucoup.

Shakira, qui a vendu plus de 80 millions d’albums dans le monde, peut désormais tourner la page. Elle continue d’enregistrer de nouveaux morceaux et prépare une tournée mondiale. Cette affaire fiscale, bien que coûteuse en temps et en énergie, n’a pas entamé sa popularité. Au contraire, elle en sort renforcée aux yeux de ses fans.

Le remboursement des 55 millions d’euros devrait intervenir dans les semaines à venir, avec les intérêts légaux depuis le versement initial. Une somme qui permettra à la chanteuse de financer de nouveaux projets musicaux et humanitaires. Car au-delà de la scène, Shakira est également connue pour son engagement en faveur de l’éducation des enfants défavorisés via sa fondation Pies Descalzos.

Cette décision de justice clôt donc un chapitre tumultueux de la vie de l’artiste colombienne. Elle prouve que même face à une administration aussi puissante que le fisc espagnol, la vérité peut triompher. Et pour Shakira, c’est une belle revanche après des années d’incertitude et de pression médiatique.


Source: CharenteLibre.fr News


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